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FOCUS

ATT aide la RMN à protéger ses photos

Après un an d’essais, la Réunion des Musées Nationaux a réussi à protéger les reproductions d’oeuvres qu’elle diffuse grâce à des vignettes invisibles, sans dégrader leur qualité.

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La Réunion des Musées Nationaux n’échappe pas au fléau de la contrefaçon : sa photothèque, riche d’un fond de près de 300000 clichés de ses oeuvres d’art (60000 photos sont commercialisées chaque année dans plus de 150 pays), est confrontée à des cas d’exploitations illicites, sans règlement des droits. Et ce phénomène s’est aggravé avec l’essor d’Internet. Paradoxalement, c’est avec le réseau des réseaux et l’aide d’une start-up de Rueil-Malmaison, ATT, que la RMN a réussi à trouver la parade. S’inspirant des travaux de l’institut de Fraunhofer Institut de Munich, ATT a mis au point des tatouages invisibles à l’oeil nu, renfermant des informations inviolables sur l’origine des images numérisées. Et ce, sans modifier la qualité des photos, avant et après l’impression.

Après une année d’essai, la solution de la start-up a prouvé son efficacité. Il suffit d’un scanner ou de l’appareil photo d’un téléphone portable pour saisir une photographie publiée dont l’utilisation pourrait être litigieuse, et la transmettre via le Net à un serveur. Celui-ci va détecter la présence ou l’absence de tatouage dans le corps même de l’image.

2 euros par image

La photothèque de la RMN était confrontée à un triple défi. "Nous cherchions une solution anti-fraude qui n’endommagerait pas la qualité de nos clichés. Nous devions aussi compter avec les faibles moyens de notre tutelle, la ministère de ma culture", explique Jean-Paul Bessières, chef de département de la RMN. Un temps envisagée, la technologie RFID, consistant à insérer une puce électronique dans une image papier, sera vite abandonnée.
Le laboratoire de recherche de la RMN se tournera alors vers la logiciel développé par ATT, qui garantit une quasi-stabilité du cliché, en réduisant au minimum le poids des informations embarquées. "Pendant un an, nous avons testé leur solution logicielle sur tous les types possibles d’impression : petites et grandes séries, sur place et à très longue distance pour mesurer la distorsion du signal transmis chez l’imprimeur, à partir d’une première, puis d’une seconde génération de copies, sur du papier journal, glacé, etc.", poursuit Jean-Paul Bessières. Outre un rendu parfaitement fidèle à l’original, cette technique se révèle la moins coûteuse pour l’Epic (Etablissement public industriel et commercial) : de l’ordre de deux euros par image vendue, contre 10 à 12 euros avec une solution à base de puce RFID.
Il y a peu, les tatouages virtuels d’ATT ont permis de confondre un important éditeur italien : il avait oublié d’acquitter les droits de l’une des photos publiées dans l’un de ses livres... Mais Jean-Paul Bessières reste lucide : "Nous disposons d’une preuve fiable à 100% pour démontrer l’origine frauduleuse ou pas d’une photo. Mais la technologie ne doit pas nous exempter de sélectionner avec la plus grande rigueur nos distributeurs dans le monde". Et particulièrement dans les zones grises où les lois sur le copyright ne sont pas appliquées.

Les échos - 23/03/05


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Lutte anti-contrefaçon

ATT

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