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FOCUS

La contrefaçon de médicaments progresse en Europe

Berceau de la contrefaçon en matière de médicaments, la Chine a fait des émules. Depuis quelques années, le phénomène envahit l’Europe. En 2006, plus de deux millions de biens contrefaits ont été saisis par les douanes sur le territoire de l’Union Européenne. Les médicaments arrivent en 5e position des articles les plus saisis.

Avec un accroissement des contrefaçons de 384 %, l’industrie pharmaceutique est en passe de devenir l’un des secteurs les plus touchés par ces pratiques illégales. 5 à 7 % du commerce mondial impliquerait des produits contrefaits. Et selon l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, près de 10 % des médicaments disponibles sur le marché mondial sont des contrefaçons. Des chiffres qui inquiètent de plus en plus, notamment les autorités en charge de contrôler les produits circulant sur les territoires de l’UE. La contrefaçon a en effet explosé en Europe, notamment avec l’e-commerce, le contrôle de la vente de médicaments en ligne étant impossible à une échelle mondiale.

Inquiétant, le phénomène soulève de nombreuses questions chez les professionnels de l’industrie pharmaceutique. Et ses conséquences, la qualité des produits, la santé des consommateurs et la question de la mise en place d’une réglementation européenne plus stricte, constituent autant de points soulevés par les acteurs du secteur.

Alors que l’UE et les Etats-Unis tentent de mettre en place des normes de lutte contre la contrefaçon, de nombreux industriels européens de la pharmacie réclament l’élaboration d’une législation plus sévère. Au même titre que la filière agroalimentaire européenne, soumise à la traçabilité effective de ses produits depuis 2005, suite à la crise de la vache folle. Début 2006, l’OMS réagissait par la mise en place d’un groupe de travail international visant à harmoniser la lutte contre la contrefaçon de médicaments. Et en juin 2006, le règlement sanitaire international révisé entrait en vigueur.

Malgré ces différentes mesures, de grands groupes pharmaceutiques ont récemment subi l’attaque de contrefacteurs vendant des médicaments sous leur marque. Les autorités britanniques ont ainsi saisi des fausses boîtes de Casodex, médicament anticancéreux fabriqué par le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca. La riposte du groupe pharmaceutique : le recours aux technologies avancées, afin de devancer les contrefacteurs. Une méthode également adoptée par d’autres grands acteurs du secteur.

Croissance du secteur de l’authentification de produits

Le secteur de l’authentification de produits, dont le chiffre d’affaires représente 500 millions de dollars, devrait enregistrer une croissance moyenne de 10 à 15 % par an. La génétique, les empreintes digitales et la nanotechnologie font partie des techniques auxquelles les laboratoires pharmaceutiques ont recours pour dissuader les contrefacteurs et sécuriser leur réseau de distribution.

Des techniques qui ne facilitent pas la fabrication de médicaments contrefaits et qui la rendent plus coûteuse. Mais qui ne découragent pas les contrefacteurs pour autant. En effet, selon les experts, avant d’être mis à mal par les contrefacteurs, un système de sécurité ne serait efficace qu’entre six mois et un an. Alors, quelle solution adopter pour lutter efficacement contre la contrefaçon pharmaceutique ? Les sociétés de fabrication de systèmes anti-contrefaçons telles que ATT, Advanced Track and Trace, permettent elles aussi de contrer ce fléau, via le développement de différentes technologies, notamment la RFID. L’installation d’un marqueur RFID sur les médicaments pourrait d’ailleurs devenir obligatoire. Placées à l’intérieur des plaquettes de comprimés, les puces permettraient ainsi d’identifier les produits et de garantir qu’il s’agit de vrais.

Mis en cause par les laboratoires pharmaceutiques, les marchés parallèles * et marchés gris ** constituent une autre pratique que ces sociétés spécialisées dans la lutte contre la contrefaçon tentent de contourner. Face à ces techniques illégales, ATT propose des solutions industrielles utilisant des technologies avancées de dissimulation d’informations et de cryptage de données embarquées dans les produits, les packagings, les fichiers numériques, les documents imprimés, les images

* Le terme de marché parallèle intervient dès lors qu’une entité, mandatée pour la fabrication d’un volume de n pièces ou produits finis par une autre entité, décide, à l’insu du mandant, de produire les pièces ou produits finis en quantité supérieure dans le but d’écouler le surplus par ses propres moyens. Définition Pôle Traçabilité

** La notion de marché gris intervient par exemple dès lors qu’un produit, supposé être présent à l’intérieur d’une certaine zone de chalandise (pour des raisons de taxation), se retrouve dans une autre zone de chalandise (taxée différemment). Définition Pôle Traçabilité

30/07/07

Marie Belleville


Sources :

Presse : Business Week, Libération
Web : Le Journal du Net, Usine Nouvelle, Lognews.info

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