|
La contrefaçon n’épargne pas l’univers pharmaceutique
Estimée à 7 % du CA de cette industrie, ce fléau peine encore néanmoins à mobiliser ses acteurs. Les solutions existent et les législations nationales ou internationales s’y intéressent de plus en plus.
Nul ne l’ignore, la contrefaçon a désormais acquis les capacités d’une production de masse et n’épargne plus aucun secteur économique. Représentant 5 à 9% du commerce mondial, soit 200 à 300 milliards d’euros, ce nouveau fléau des temps modernes ne cesse de croître depuis 1995.
Au sein de l’Union Européenne, le nombre de saisies a été ainsi multiplié par quatre entre 1999 et 2003. Si la contrefaçon ne copiait auparavant que les produits de grande marque, elle touche désormais l’ensemble des produits de consommation : produits numérique (son, image, logiciels), appareils domestiques, jouets, pièces détachées automobiles ou aéronautiques, outillage, produits d’hygiène, produits alimentaires, vins et spiritueux, tabac... Sans épargner les médicaments. La contrefaçon représenterait ainsi 7% du CA d’affaires de l’industrie pharmaceutique.
Vendus essentiellement dans les pays du tiers monde, les
produits contrefaits sont jusqu’à présent, encore peu répandus dans les pays industrialisés. Une enquête effectuée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), suite aux rapports de 20 pays de janvier 1999 à octobre 2000, révèle que 60% des cas de contrefaçon concernent les pays pauvres et 40% les pays industrialisés. En France, par exemple, se rassurent les professionnels du secteur, l’achat de médicaments contrefaits n’est en principe, possible que sur Internet, la distribution des médicaments étant exclusive et fortement contrôlée. Contenant de l’eau, du café, du sucre, voire des substances dangereuses, les médicaments contrefaits ne respectent pas les principes de dosage, s’alarment les professionnels du secteur. Ils sont, au mieux, dépourvus de principes actifs ou utilisent un principe ayant des effets masquant la maladie. Mais, dans le pire des cas, il sont capables de provoquer une maladie ou la mort.
Dans les années 90 au Nigeria, deux cents enfants sont décédés après avoir absorbé un sirop contre la toux contrefait auquel avait été mélangé un solvant industriel. En 2002, GlaxoSmithKline a découvert aux Etats Unis des flacons suspects supposés contenir 60 comprimés de Combivir (lamivudine plus zidovudine) et qui contenaient en fait un autre médicament, le Ziagen (abacavir). La société a pu déterminer que des étiquettes contrefaites de comprimés de Combivir ont été placées sur deux flacons de Ziagen, les étiquettes sur deux autres flacons étant suspectes.
"Il est indispensable de vérifier que le médicament se réfère à un numéro de lot, que soient inscrits le nom du médicament et du fabricant, sa composition et une date de péremption. Si la vraie/fausse marque est souvent reprise et apposée sur l’emballage, la présence conjointe des autres paramètres constitue un bon faisceau d’indices", estime un spécialiste.
Récemment les autorités sanitaires américaines se sont inquiétées de l’augmentation de médicaments de contrefaçon sur le marché américain, où ce type de fraude reste toutefois encore limité. Un récent rapport
de l’administration fédérale chargée du contrôle des produits pharmaceutiques (FDA) suggère d’adopter un système traçabilité des médicaments d’ici 2007, d’augmenter les sanctions pénales pour dissuader la contrefaçon et d’accroître la collaboration avec les parties concernées à l’étranger, notamment l’Organisation Mondiale de la Santé et Interpol.
Tous les médicaments sont concernés
Si la contrefaçon concerne aussi bien des produits de marque que des génériques, on observe toutefois quelques différences géographiques dans la répartition du fléau.
Dans les pays les plus riches, la contrefaçon concerne le plus souvent des médicaments coûteux : hormones, corticoïdes, antihistaminiques, alors que dans les pays en développement, les produits pharmaceutiques les plus contrefaits sont ceux qu’on utilise contre des affections potentiellement mortelles comme le paludisme, la tuberculose et le SIDA. Toutefois, le produit le plus contrefait au monde aujourd’hui est le Viagra, largement vendu via Internet dans les pays industrialisés.
Face à ce fléau économiquement dévastateur, les laboratoires pharmaceutiques européens peinent à se mobiliser, se plaignent les fabricants de systèmes anti-contrefaçon. Pourtant les solutions existent notamment au niveau des étuis, des blisters et des notices. Les technologies que propose ATT s’intègrent simplement et de manière complètement transparente dans les processus de production sans faire appel à des équipements hardware ou à des consommables complémentaires. Elles sont être intégrables sur la plupart des matières à travers les impressions ou les marquages réalisés sur les produits ou les contenants - étuis, notices, blisters, tubes, seringues, ... etc. Elles peuvent s’insérer de manière invisible dans un logo, dans une image, dans un texte, ou une autre impression et sont compatibles avec la plupart des technologies d’impression et de marquage : Offset, Hélio, Typo, Flexo, Tampographie, Sublimation, Laser, Jet d’encre, ... etc.

Source Doses - ATT : Fabienne Gougeon
|